LABOR, DISCIPLINA, MERCATUS

Lettre ouverte sur la formation continue et les divergences politiques, par Eric D.

La lettre qui suit fait l'objet de cet article à titre d'exemple. Toute ressemblance entre l'école X et des organisations et/ou personnes existant, ayant existé ou pouvant exister un jour serait purement fortuite.

 

Madame, Monsieur,

 

Je suis dans le regret de vous annoncer que, finalement, j'ai pris la décision de ne pas donner suite à ce projet de formation avec l'école X de Nice car, outre le fait que je pense avoir trouvé d'autres possibilités de formation en management et en direction commerciale mieux adaptées à mon profil, j'ai noté certains éléments, en termes de culture d'organisation, qui pourraient poser des problèmes de compatibilité. Les arguments vous en sont exposés dans ce long mail que vous pourrez lire quand vous serez disponible.

 

D'emblée, l'analyse de vos artefacts (notamment l'affiche actuelle de l'école X que l'on voit aux arrêts de bus et dans la documentation que vous m'avez remise, ainsi que certaines photos de soirées étudiantes affichées dans le hall d'accueil de l'école X de Nice) m'amène à cette conclusion: je ne m'y reconnais absolument pas, même en prenant en compte la différence d'âge, car par ailleurs il est vrai que vous visez un public plutôt junior et ce n'est pas le problème, sinon l'explication serait plus simple.

 

Les jeunes de la génération actuelle, ou du moins ce que l'on veut nous faire croire à propos des jeunes de la France actuelle, ne ressemblent pas à ce qu'étaient les jeunes de ma génération. Outre cet aspect révélateur de tendances, entre autres, culturelles et générationnelles (ou pseudo-générationnelles), il apparaît clairement, à en juger par vos propres propos lors de nos entretiens privés et au vu du tract pour un match de tennis caritatif que vous m'avez donné, qu'il existerait une sorte de partenariat ou des affinités relationnelles entre X et le Rotary Club, et cela ne correspond pas à mon éthique professionnelle.

 

D'une part, la dimension caritative pourrait être laissée à la discrétion de chacun et, de droit et de fait, c'est en principe le cas. D'autre part, concernant le Rotary Club et, généralement, toute organisation confraternelle et humaniste, il existe un danger, malheureusement trop fréquent dans certains pays occidentaux, de mettre sur le même plan culture d'entreprise et culture idéologique au sens large, avec le risque d'aller à l'encontre d'une liberté fondamentale de l'individu: la liberté de conscience. Je ne dis pas non plus que la liberté de conscience est mieux respectée ailleurs qu'en Occident.

 

Quitte à paraître abrupt dans mon propos mais, je le souligne, ce n'est cependant qu'une hypothèse, je dirais en résumé des lignes précédentes que, si l'un des buts politiques de l'école X (et je ne l'affirme pas catégoriquement) était d'opérer une sélection à l'entrée pour avoir un effet dissuasif sur les candidats réactionnaires ou fascistes, le but serait atteint.

 

Ainsi, par le seul effet de cette campagne marketing, volontairement ou non l'institution arriverait à faire fuir des individus politiquement non affiliés tels que moi mais ayant des idées probablement contraires à la culture de l'organisation. Ce n'est pas tout car, selon la même hypothèse, X s'assurerait, par ce simple procédé publicitaire, d'écarter également les candidats suivants, dont la liste indicative n'est pas exhaustive: membres du Bloc Identitaire, régionalistes corses, royalistes, catholiques traditionnels ou Arabo-musulmans traditionnels, ou encore certains Africains ou Antillais qui, tout comme moi d'ailleurs qui suis pourtant un Blanc, sont hostiles à l'évolution des mœurs en France et aux lois socialistes (absurdes) sur le mariage.

 

Vous pourriez me répondre que tout cela n'a rien à voir avec X, qu'il n'existe aucune barrière empêchant les individus de penser ce qu'ils veulent et que les cours donnés sont essentiellement techniques et professionnels. J'aimerais que ce soit le cas. Malheureusement, quand X met des androgynes sur ses affiches et que, par ailleurs, on nous distribue des tracts du Rotary Club, cela donne l'impression, volontairement ou non je le répète, que l'école est adepte du "vivre ensemble", des élections qui "se gagnent au centre", de l'évolution féministe de la civilisation, etc. On dit que l'habit ne fait pas le moine, mais nous savons vous et moi quelle est l'importance de l'image que l'on transmet aux autres, toute image pouvant être interprétée comme un message.

 

Depuis le début des années 1990, surtout dans la vente et notamment dans l'immobilier, j'ai l'habitude de travailler avec toutes sortes de gens, toujours dans le respect des autres et du professionnalisme (et j'ai "défoncé de la lourde" pendant de nombreuses années, comme on dit familièrement dans le jargon du démarchage, en B to C ou en B to B). J'ai réuni plusieurs lettres de recommandation qui témoignent de l'authenticité de mon parcours, y compris à des postes de manager en tant qu'agent de maîtrise, et ce pendant plusieurs années, preuves que j'ai pu fournir auprès d'autres organismes de formation plus neutres en termes d'image, avec la possibilité pour ces organismes de vérifier ces informations en appelant les responsables actuels des entreprises en question. Et, pour en revenir au motif du présent mail, l'acceptation des signes visibles de la campagne publicitaire de X impliquerait une dimension d'engagement qui dépasse, encore une fois, le seul cadre professionnel, dans un climat d'étrange ressemblance avec la pensée unique du moment, que l'on peut qualifier, grossièrement, de social-démocratie ou de "village global", d'"ouverture totale".

 

Pour autant, je ne cautionne pas non plus le climat de blocage qui embrase la France: il est surréaliste qu'une loi aussi timide sur la réforme du travail (je l'ai lue), semi-réforme typique des gouvernements de centre mou que nous subissons depuis des décennies, suscite de telles violences, avec un pays pris en otage par une bande de voyous (les syndicalistes et autres agitateurs) dans le mépris de la majorité de la population. En fait, il y a tout un système qui va contre le travail en France depuis trop longtemps, et ce système qui entretenait une coexistence jusqu'alors, autour d'une même propagande inepte (transgenres, migrants, gens du voyage, sans-papiers, intermittents du spectacle, agents de la CPAM, de l'URSSAF et autres parasites, tels que les enseignants des IUFM/ESPE qui mènent le système éducatif à la ruine depuis bientôt 30 ans), est en train de se diviser lui-même, les alliés d'hier entrant aujourd'hui en lutte les uns contre les autres: les gauchistes versus les parlementaires. Tout cela pour dire qu'à trop vouloir ouvrir un pays, on attise les conflits au lieu de les apaiser, et que les réseaux privilégiant la cooptation sur fond de lutte contre la discrimination ne sont pas adaptés aux besoins d'un monde qui demande moins de culture et davantage de pragmatisme.

 

Encore plus simplement, chaque organisation fait sa promotion comme elle l'entend: après tout, X n'a transgressé aucune loi et ses affiches ne constituent pas un délit, aussi est-ce à chaque candidat d'estimer si l'idée qu'il se fait de l'école concernée, à tort ou à raison je le souligne une dernière fois, est en accord ou pas avec sa propre conception du marketing, puisque la question des valeurs a déjà épuisé les paragraphes précédents. Le fait est que, nonobstant toutes les qualités professionnelles qui font la bonne réputation de X depuis de nombreuses décennies, l'image que X donne actuellement n'a jamais été et n'est pas l'image que je souhaite donner, et je ne souhaite pas non plus m'en porter solidaire, tout simplement parce que cette image que donne X ne correspond pas à ce que j'ai été ni à ce que je suis. Vous pourriez me demander, non sans pertinence, si le simple juger d'affiches, d'événements caritatifs et de votre sympathie pour le Rotary Club est suffisant pour décider finalement de ne pas remettre un dossier, et je vous répondrais que oui, c'est suffisant, car il me semble que nous avons quand même certains points en commun, dont celui-ci: l'idée que la publicité donne envie ou non au consommateur d'aller plus loin. Chaque organisation a sa culture, plus ou moins neutre en surface, et on choisit d'y adhérer ou pas.

 

Il y a une réticence plus grave encore: il semblerait, et mea culpa si ce n'est encore une fois qu'une supposition gratuite de ma part, que X mette un point d'honneur à inciter les gens à créer des entreprises. Dans le cadre du MBA dirigeant manager d'entreprise, c'est fort compréhensible, encore que je ne sois pas le seul actif qui, à terme, vise les emplois cadres au détriment de l'entrepreneuriat. Vous connaissez la situation en France, où il est particulièrement périlleux de créer sa propre entreprise, ce que les chiffres confirment, et là je parle carrément du taux de suicide. C'est une vérité publique et notoire.

 

Il est toujours délicat d'être franc et honnête sans être blessant ni vexant, le parti pris de développer les raisons comme je l'ai fait pouvant être lu comme une tentative de réaliser cet équilibre difficile, hélas sans garantie de succès. Vous pouvez prendre les dispositions nécessaires pour annuler mes tests d'évaluation professionnelle. La date du 28 juin et les suivantes sont donc libérées. Conformément à mes droits, je m'oppose à toute communication d'informations me concernant à des tiers et rappelle la dimension privée de ce type d'échange. En outre, le numéro de téléphone communiqué n'est plus disponible. Vous remerciant d'avoir pris le temps d'avoir lu la présente et vous priant de m'excuser pour ce contretemps, qui ne se reproduira plus, je vous prie aussi d'accepter, Madame, Monsieur, mes sincères salutations et vous souhaite la meilleure continuation.

 

Monsieur Terence DEN HOED

(dit Eric D. quand le cadre collaboratif existe (-ait))
 



26/05/2016